XIe Forum Européen et Franco-Allemand

9 octobre 2026

Université de Strasbourg

Il ne fait plus de doute que le changement climatique se manifeste en tous points de la planète. Ses effets restent toutefois différents d’une zone géographique à l’autre, le point commun étant l’apparition de phénomènes d’ampleur inhabituelle, qu’il s’agisse de sécheresses, d’incendies, de pluies diluviennes, de montée des mers, de tempêtes et d’inondations désastreuses. L’habitat et les structures industrielles sont durement impactés, le plus souvent dans des pays déjà défavorisés, et des flux migratoires nouveaux se profilent face aux risques encourus par les populations. Les conséquences de ces catastrophes sont toutefois très différentes d’un pays à l’autre. Même au sein de l’Union européenne, qui présente une relative unité géographique, les impacts diffèrent. Les réponses des Etats-membres à une indispensable transition énergétique se sont adaptées aux conditions issues de leur histoire économique, le plus souvent elle-même dépendante des capacités de production locales et dictées par les habitudes de consommation.

Trente années après le début de cette prise de conscience, il est pertinent d’examiner quelles étaient ces conditions initiales, comment les gouvernements ont réagis aux exigences de réductions des émissions de CO2, ainsi que d’analyser la situation alors que les trajectoires d’émissions et de réduction sont désormais connues sur une durée significative.

Quels que soient les constats, il ne fait plus de doute que l’avenir de la consommation d’énergie passera par l’électrification des usages, qui présente l’avantage d’une production diversifiée peu émettrice de CO2 (nucléaire, hydraulique, renouvelables) et indépendante des aléas des politiques internationales. D’autres applications correspondant aux futurs besoins peuvent aussi être envisagées pour le nucléaire (chauffage, dessalement de l’eau de mer, production d’hydrogène). Un autre argument en faveur de l’électricité est sa facilité de distribution dès lors que le réseau existe.

Ces arguments ne doivent pas faire oublier les obstacles auxquels l’objectif de généralisation de son usage va se trouver confronté. Le changement des habitudes de consommation ne sera accepté que si les citoyens y trouvent sécurité d’approvisionnement, disponibilité et coûts raisonnables. Face à ces impératifs, les gestionnaires devront disposer de moyens diversifiés et adaptés afin de faire face à toutes les situations, notamment aux pics de consommation qui devraient se multiplier.

Il convient d’anticiper tous les besoins de demain et d’évaluer les technologies qui permettront de les satisfaire, souvent déjà connues, mais qui se heurtent à des limites qui restent à surmonter, notamment le stockage, pénalisant pour les renouvelables, et l’extension du réseau. Ces deux chantiers, ainsi que l’augmentation de la production, apparaissent prioritaires au vu des prévisions de consommation des prochaines décennies portées par le chauffage urbain, les centres de calcul et de stockage des données, la mobilité individuelle et la climatisation. Le passage à l’électricité des usines de production et des sites industriels ajoutera fortement au besoin. Des progrès en matière de batteries plus performantes, de recyclage et d’emploi des terres rares sont aussi indispensables. L’enfouissement des lignes à haute tension est une demande forte des citoyens. Seules les recherches industrielle et universitaire pourront réaliser les sauts technologiques indispensables à ces projets. Un effort tout particulier devra être mené pour les soutenir.

La 11ème édition annuelle du Forum européen et franco-allemand qui se tiendra à Strasbourg à l’automne 2026 réunira les experts universitaires et scientifiques, industriels et politiques, milieux environnementaux et associatifs de plusieurs pays de l’Union européenne qui répondront à cinq questions :

Les recherches universitaire et industrielle sont-elles prêtes à répondre ?

Où en est la transition énergétique en Europe ? Y a-t-il une position singulière ou similaire du Royaume-Uni ?

Comment les disparités géographiques et historiques ont-elles orienté les voies choisies par les Etats-membres pour leur transition énergétique ? La contestation des positions de l’UE à la COP30 va-t-elle freiner la transition ?

Quels sont les enjeux de la généralisation de l’électrification ?

Quels sont les sauts technologiques et les technologies innovantes nécessaires pour y parvenir ?

Quelles sont les évolutions réglementaires nécessaires sur l’organisation du marché de l’électricité et sur le renforcement des partenariats pour la favoriser ?

PROGRAMME PREVISIONNEL

Séance introductive : pour une Europe de l’initiative

Il y a un destin commun ; mais y a-t-il une conviction partagée du besoin d’agir en intégrant court terme et long terme et en tenant compte des prérequis dans les domaines-clés de la souveraineté (énergie, numérique, environnement, diplomatie, …) ? Où en sont la prise de conscience des enjeux, la construction de la résilience, et la volonté d’agir ?

Intervenants pressentis :

Frédérique BERROD, Présidente de l’Université de Strasbourg

Bruno TRESCHER, Professeur de droit public, Université de Strasbourg

Emile H. MALET, Journaliste, essayiste, directeur de Passages-ADAPes        

Christian BUCHEL, Président de l’UFE

Session 1 : la transition énergétique, état des lieux et enseignements partagés

Quelles initiatives et quelle vision des Etats membres et du Royaume-Uni ? quelles initiatives pertinentes pour chaque Etat et quelles initiatives fondées sur une coopération entre plusieurs Etats ? Quels domaines d’excellence ?

La cohérence entre les piliers d’une politique de l’énergie (sécurité d’approvisionnement, maîtrise du changement climatique, compétitivité de l’économie) est-elle démontrée ?

Les règles du jeu sont-elles optimales ?

La situation et les conditions économiques sont-elles des atouts ?

Présidence : Bruno TRESCHER, Professeur de droit public, Université de Strasbourg

Nurten AVCI, Directrice générale EIFER 

Jan BARTAK, Président de NucAdvisor               

Sylvie BERMANN, Ambassadrice de France

Gabrielle GAUTHEY, Ancienne directrice Europe, Total Energies      

Corinna GRAJETZKY, Directrice des Affaires européennes, ENGIE

Patrick HETZEL, Député du Bas-Rhin, ancien Ministre

Hélène PESKINE, Architecte et urbaniste, directrice générale adjointe, CEREMA

Petre ROMAN, Ancien Premier Ministre de Roumanie  

Rebacca ROSLING, Head of Future Energy Systems R&D at EDF Energy UK

Xavier URSAT, Directeur exécutif du groupe en charge de la Direction Stratégie, Technologies, Innovation et Développement, EDF

Rapporteur :

Sylvain HERCBERG, Ancien de la direction Stratégie d’EDF

Discutants pressentis :

Ulrich BENTERBUSCH, Heschäftsführer bei Gascade

Bruno LESCOEUR, Ancien Directeur Général adjoint en charge des activités gazières du groupe, EDF

Cyril PINEL, Directeur des affaires internationales à l’ARSN

Alexander SCHMIDT, CEO/Founder of Bable – Innovation with cities and for cities

Alain VALLEE, Partenaire NucAdivsor, fondateur et concepteur de Calogena

Questionnants: Etudiants du master 2 Energie, Université de Strasbourg

Session 2 : l’incontournable développement de l’électricité

C’est l’énergie du 21ème siècle. Une approche technico-économique est indispensable, sachant que les infrastructures sont réalisées pour fonctionner plusieurs décennies.

L’objectif est bien de multiplier les usages pour répondre, au moindre coût et avec la sécurité nécessaire, aux besoins des Européens pour atteindre les objectifs d’une politique de l’énergie.

Les technologies évoluent et les ruptures permises par la R&D doivent être identifiées et favorisées si nécessaire. Et la mise en œuvre d’une politique industrielle doit participer à la prééminence de l’industrie européenne et à la diffusion des technologies par le succès sur le marché mondial.

Le financement doit être assuré en intégrant la longue durée et les règles du jeu offrir la visibilité nécessaire aux investisseurs, aux acteurs du système électrique et aux consommateurs de l’électricité. Ce qui nécessite planification et prise de conscience des composantes de l’intérêt général.

Quelques exemples illustratifs d’objectifs concrets à fixer pour une réelle maîtrise du destin :

  • Production : décentralisée (solaire photovoltaïque, batteries, électrolytes) ; centralisée (nucléaire de 4ème génération, SMR, CSC, électrolyse)
  • Consommation : baisse de la consommation unitaire dans l’industrie comme dans les usages domestiques ; développement des usages thermiques ; mobilité
  • Système électrique : réseau et intelligence croissante des réseaux, ni trop ni trop peu d’interconnections pour assurer l’équilibre offre-demande à la bonne maille et au moindre coût
  • Contribution au système énergétique : rénovation, ville intelligence, …
  • Souveraineté : développement de la R&D et intégration des atouts et compétences des acteurs (l’ARPA-E est-elle un modèle à suivre ?), mise en exploitation des ressources existantes sur le continent (minéraux, matériaux), financement de l’innovation et de l’industrialisation en visant le long terme

Présidence : Frédérique BERROD, Présidente de l’Université de Strasbourg et Emile H. MALET, Journaliste, essayiste, directeur de Passages-ADAPes

Roberto ADINOLFI, Chairman of the Boarb of Ansaldo Nucleare, Italie         

    Christian BUCHEL, Président de l’UFE    

    Louis GALLOIS, Ancien dirigeant d’Airbus, de la SNCF, coprésident de la Fabrique de l’industrie  

    Edouard GUILLAUD, Ancien chef d’état-major des armées, CEMA      

    Fabienne KELLER, Députée européenne

    Stéphane PIEDNOIR, Sénateur du Maine-et-Loire, président de l’OPECST    

    Bernard SALHA, Président de la SNETP, directeur R&D d’EDF

    Karl Friedrich ZIEGAHN, Ancien Directeur, conseiller au KIT

    Rapporteur :

    Jean-Claude PERRAUDIN, Rapporteur, ancien de la direction des affaires internationales, CEA  

     

    Discutants pressentis :

    Grégoire DALLEMAGNE, Président – CEO de Luminus, Belgique

    Jean-Pierre HAUET, Directeur scientifique, équilibre des Energies    

    Philippe JEANTAUD, Ambassadeur, chargé de mission énergie nucléaire et spatial, MEAF

    Kristin LIMBACH, Chercheuse à l’Université de Karlsruche, KIT                                

    Marco Enrico RICOTTI, Professor of Nuclear Plants, Politechnico di Milano

    Birte WASSENBERG, Vice-Présidente de l’Université de Strasbourg

    Questionnants: Etudiants du master 2 Energie, Université de Strasbourg

    Comité d’organisation : 
    Frédérique BERROD, Bruno TRESCHER, Christian BUCHEL, Hélène PESKINE, Pascal MANGIN, Patrick FRANCOIS, Jean-Claude PERRAUDIN, Sylvain HERCBERG, Kristin LIMBACH, Joséphine MALET, Karl-Friedrich ZIEGAHN, Fanny RIGOLLIER, Emile H. MALET 

    Inscription ci-dessous

    Une participation financière est recommandée pour les non-adhérents, à hauteur de 30 euros. Merci de faire vos virements à ADAPes :

    IBAN : FR76 1695 8000 0159 5677 8370 852
    BIC : QNTOFRP1XXX

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