Le nucléaire, une question politique et européenne.
Palais du Luxembourg, Paris
15 février 2027
8h30 à 18h
Inscription obligatoire
Participation financière souhaitée (hors abonnés et adhérents)

Présentation.
par Alain Vallée, Jean-Claude Perraudin, Emile H. Malet
Sous une même terminologie regroupant énergie et défense, le nucléaire a pris une dimension politique dès sa révélation au monde au milieu du siècle dernier. A ce niveau-là, pour la France, outre l’arme nucléaire voulue et réalisée par le général de Gaulle, le nucléaire civil a révolutionné la production d’électricité à partir des années 1970 et s’est depuis maintenue dans son développement, nonobstant quelques aléas liés aux évolutions politiques. Notre colloque traitera de la dimension politique de la filière nucléaire française alors qu’est engagée la construction de nouveaux réacteurs et dans le contexte des prochaines élections présidentielles (avril 2027) mais aussi de l’importance de l’énergie nucléaire dans la stratégie énergétique de l’Union européenne, un constat renforcé par la Présidente von der Leyen soulignant le rôle crucial du nucléaire*.
Toute décision le touchant impacte durablement des enjeux majeurs débordant du cadre national : qualité de vie des citoyens, développement économique et industriel, souveraineté, sécurité, protection du climat. Même la dissuasion, spécifique dans ses technologies, suscite des réflexions dans le cadre européen.
Le modèle énergétique de l’Europe de demain sera essentiellement électrique, que ce soit pour les usages citoyens, les mobilités et la production industrielle. La modernisation des usines et la réindustrialisation se tournent aujourd’hui vers l’électricité.
Le nucléaire répond à ce besoin et doit être développé en conséquence. Ses deux principales contraintes, coûts à la construction et réglementation de sûreté rigoureuse, en font un secteur hors normes et imposent des stratégies de très long terme.
Les investissements, mobilisés sans retour pendant de longues périodes, demandent l’intervention des Etats dont bénéficieront leur développement et leur économie, notamment grâce à la stabilité du prix de l’électricité.
La réglementation de la sûreté se distingue par une rigueur exceptionnelle, sans équivalent dans d’autres secteurs industriels. En France, seule une autorité indépendante peut délivrer les autorisations de construction et d’exploitation, sur la base des normes internationales développées par l’AIEA et complétées par des réglementations nationales particulièrement prescriptives. La sûreté demeure aussi une préoccupation européenne.
Concernant le cycle des matières fissiles, l’Etat se doit de protéger l’enjeu de souveraineté qu’il représente.
Par ailleurs, sa responsabilité civile est engagée par des accords internationaux pour les sinistres de grande ampleur.
La dimension politique du nucléaire se base donc sur :
- des investissements exceptionnels et des décisions engageant le long terme,
- des bénéfices majeurs, tels que la décarbonation, la stabilité du coût de l’électricité, la souveraineté nationale,
- accélérer la décarbonation de l’industrie, notamment de l’énergie (rapport Draghi).
- une exigence de sûreté sans concessions,
- une symbolique marquante alimentant le débat public.
L’attrait du nucléaire progresse fortement dans l’opinion publique, et connait un rebond spectaculaire. Il doit encore être conforté, notamment face aux aléas qui peuvent survenir durant son développement. A l’approche d’une échéance politique majeure, il convient d’intégrer dans le débat la manière d’améliorer son efficacité économique, tout en garantissant le meilleur niveau de sûreté.
Le colloque « Le nucléaire, une question politique » qui se tiendra à Paris en février 2027 tentera d’apporter des réponses à cette équation hautement politique au cours de trois débats thématiques :
- L’accélération de l’électrification des usages et dans l’industrie,
- L’adaptation et l’optimisation du système électrique,
- La réduction des coûts de construction du nucléaire.
Dans le contexte de notre colloque, nous organiserons trois séminaires pour mettre en perspective les débats thématiques.
*Le traité Euratom signé en 1957 inscrit l’usage pacifique du nucléaire civil comme objectif prioritaire pour l’Union européenne. Sa promotion, qu’il prévoit explicitement, a été peu à peu délaissée. Dans les années 2000, le volet « réacteurs » avait pratiquement disparu alors que la Commission donnait toute priorité aux seules énergies renouvelables pour répondre aux exigences du changement climatique. Face à ce défi, les qualités du nucléaire face à ce défi se sont imposées, notamment après l’Alliance de 15 Etats-membres en 2023. Aujourd’hui, il a retrouvé sa place comme l’a confirmé la présidente de la Commission dans son discours du 10 mars 2026. Le PINC (Programme indicatif nucléaire de la Commission), publié simultanément, précise les axes de recherche, les sujets à privilégier et les actions à mener. Notamment, les SMR, la prolongation de la durée de vie des centrales, la chaîne d’approvisionnement y figurent. Les besoins en financement y sont identifiés, mais leur mécanisme de mise en œuvre reste à établir.

Programme et intervenants pressentis
Discutants : élèves-ingénieurs du CNAM
Introduction 9h-10h15
Le nucléaire, une question politique
- ABADIE Pierre-Marie, Président de l’ASNR
- BERMANN Sylvie, Diplomate, ancienne ambassadrice de France en Chine, au Royaume-Uni et en Russie
- PIEDNOIR Stéphane, Sénateur du Maine-et-Loire, président de l’OPECST
- URSAT Xavier, Directeur exécutif groupe, EDF
1e session 10h30-12h
L’accélération de l’électrification
- Président de session : VALLEE Alain, partenaire NucAdvisor, fondateur et concepteur de Calogena
- AVCI Nurten, Directrice générale EIFER
- BERGER Vincent, Haut-commissaire à l’énergie atomique
- GARREL Julien, Directeur général de Nuward (EDF)
- GIVERNET Olga, Députée de l’Ain, ancienne Ministre déléguée chargée de l’Energie
- GRUDLER Christophe, Député européen, membre de la Commission de l’Industrie, de la Recherche et de l’Energie
- LLUANSI Olivier, Professeur au CNAM
- RICOTTI Marco, Professeur de l’Université POLIMI, Italie
- SALHA Bernard, Président de la SNETP
2e session 14h-15h30
Adaptation et optimisation du système électrique
- Président de session : APPERT Olivier, Membre de l’Académie des technologies, conseiller du Centre énergies de l’IFRI
- ACCOYER Bernard, Ancien Président de l’Assemblée nationale, président de PNC
- BOUTTES Jean-Paul, Ancien directeur de la Stratégie et de la prospective et chef économiste d’EDF
- DEFFRENNES Marc, Ingénieur Civil, Fonctionnaire retraité de la Commission Européenne et OCDE, Fondateur de l’Alliance weCARE
- FAUDON Valérie, Déléguée générale de la SFEN
- GRAJETZKY Corinna, Directrice des Affaires européennes, ENGIE
- HAUET Jean-Pierre, Ingénieur, Président du Comité scientifique d’Equilibre des Energies
- JUMEL Sébastien, Directeur Stratégie, Innovation et Numérique chez Enedis, Président d’Enedis D et de l’agence ORE
- PANNIER-RUNACHER Agnès, ancienne Ministre de la Transition écologique, de l’Énergie, du Climat et de la Prévention des risques, Députée du Pas-de-Calais
- PERCEBOIS Jacques, Professeur d’économie, directeur du Creden, Université Montpellier-I
- PROGLIO Henri, Ancien Président d’EDF
- SCHELLENBERGER Raphaël, Député chargé de mission sur la levée des freins à l’électrification des industries
- VEYRENC Thomas, Directeur général du pôle en charge de l’Economie, de la Stratégie et des Finances du Réseau de Transport d’Electricité
3e session 15h45-17h
Réduction des coûts (construction, durée, financement…)
- Présidente de session : Emmanuelle GALICHET, enseignante-chercheuse au CNAM
- ADINOLFI Roberto, Chairman of the Board of Ansaldo Nucleare, Italie
- BARTAK Jan, Président exécutif de NucAdvisor
- BOUTELOUP Timothée, Directeur des affaires publiques et gouvernementales à Newcleo
- DULAC César, Responsable des relations extérieures de Calogena
- GALLOIS Louis, Ancien dirigeant de la SNCF et d’Airbus, coprésident de la Fabrique de l’Industrie
- GRUZ Xavier, Directeur en charge de la maîtrise d’ouvrage du nouveau nucléaire, EDF
- KEPPLER Jan-Horst, professeur de Sciences Economiques, Université Paris-Dauphine
- VARAINE Frédéric, Fondateur Otrera Nuclear Energy
Rapporteurs
- Sylvain HERCBERG, ancien de la direction de la Stratégie, EDF
- Jean-Claude PERRAUDIN, ancien directeur adjoint des relations internationales au CEA
Inscription ci-dessous
Une participation financière est recommandée pour les non-adhérents, à hauteur de 30 euros. Merci de faire vos virements à ADAPes :
IBAN : FR76 1695 8000 0159 5677 8370 852
BIC : QNTOFRP1XXX
L’inscription à ce colloque vous engage, merci de nous prévenir en avance si vous ne pouvez plus y assister.
